livre Vers cette neige (…)

du film au livre

Vers cette neige, vers cette nuit : le FILM

Un scénario — celui d’un homme qui laisse des messages à une femme qui ne répond jamais — vient interrompre sous forme d’intertitres le défilement d’images provenant de bobines super-huit qui auraient été perdues et retrouvées. Et, comme en écho, la présence d’enregistrements sonores, peut-être eux-mêmes perdus et retrouvés. Sur les images : une chambre, un appartement, des rues, des ponts, des passants, une flânerie dans une grande ville, Saint-Petersbourg, en Russie. Sur les bandes sonores, les bruits de la ville, celui du métro, de la rue et de chants orthodoxes.
Le titre provient d’une phrase de la poète russe Olga Bergholtz : « Ne retourne pas là-bas, vers cette neige, vers cette nuit, le regard de quelqu’un t’attend. »
Ce film, pensé selon le motif du fragment, prolonge un large projet consacré aux ponts en tant qu’ils sont une possible représentation architecturale du langage comme lien qui sépare. Il fait suite au film L’invitation au voyage.

Une histoire d’amour entre textes, images et sons.

 

Fabrice Lauterjung, cinéaste

Né en 1978, vit et travaille à Lyon.
Diplômé des Beaux-Arts de Saint-Etienne en 2003 et du post-diplôme de Lyon en 2004, Fabrice Lauterjung enseigne à l’ESAD et à l’Université Jean Monnet de Saint-Etienne.
http://www.dda-ra.org/fr/oeuvres/LAUTERJUNG_Fabrice


« Filmer ne serait pas tant fixer des instants que leur impossible itération. Là est l’enjeu de ce qui serait ma définition du cinéma. D’abord enregistrer des images — comme on tend l’oreille pour écouter d’anciennes fables — puis, écouter ce qu’elles racontent : extraire de leur contenu manifeste un contenu latent.
Si l’espace urbain est souvent le théâtre de mes errances, il est avant tout prétexte à la déhiscence des images qui le capturent. Le rythme des grandes villes est propice aux surprises et ne se piste qu’en pointillé — à la cadence d’un mécanisme d’enregistrement. Si l’usage de la pellicule Superhuit est fréquent, c’est d’abord pour son métrage bref – 15 mètres, durée fugace. Ensuite interviennent ses propriétés argentiques, qui mettent à distance le résultat de son origine : impossible en effet d’avoir instantanément accès aux choses filmées, d’abord doivent-elles être développées. Cette attente participe à l’élaboration narrative qui s’ensuivra : aux images du filmage que la mémoire conservait imparfaites, se superposent celles fixées sur la pellicule développée, une fois visionnée. Elles sont ensuite vues et revues, comme mises à la question. Alors, comme ces fables que, par devoir, nous transmettons à notre tour, les images qui l’ont fait naître assignent à la parole un nouvel espace : le film.
A cette approche dominant mon travail, s’ajoute une série d’expériences — certaines cinématographiques encore, d’autres vidéo-musicales, d’autres enfin textuelles — que je nomme « de circonstances », plus contraintes, mais tout autant constitutives de ma démarche. »

Fabrice Lauterjung

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Films :

Berlin, Traversée — collection FRAC Auvergne
Avant que ne se fixe — collection FRAC Auvergne
Istanbul, le 15 novembre 2003 — Collection CNAP, 2004.
A une passante — Collection CNAP, 2006.
Zagreb, répétition — Collection FRAC Provence-Alpes-Côte d’Azur, 2006.
L’invitation au voyage — Collection FRAC Provence-Alpes-Côte d’Azur.

Films présentés au FIDMarseille :

Avant que ne se fixe, 2018
France / 2007 / Noir & blanc / 8 mm / 17′

Vers cette neige, vers cette nuit, 2017
film Super-8 numérisé, Couleur et N&B, 16/9, 47 min, 2017

L’invitation au voyage, 2014
2013, 33’

Istanbul, le 15 novembre 2003, 2004
A une passante, 2006
Zagreb, répétition, 2008
Fragments de vie d’un club de boxe, 2011


Vers cette neige, vers cette nuit : le LIVRE

La question du film comme texte a motivé la transposition du film au livre. Avec le livre Vers cette neige, vers cette nuit, je souhaite créer un autre lien entre le rapport des images et du texte qui viendra expliquer et parfois enrichir celui que propose le film lui-même.


D’où suis-je partie ?

Je connaissais une série de photogrammes du travail du réalisateur Fabrice Lauterjung, pour avoir mis en pages (pour le numéro 27 & 28 de la revue Il particolare) une contribution d’Eric Suchère 12 images et plus, où l’on lisait un texte en regard d’une image. Aussitôt, j’ai été marquée par ce que je découvrais du travail de ce réalisateur — notamment les images extraites de film Super 8, imprimées en noir et blanc sur papier offset. La contribution d’Eric Suchère a eu cette vertu d’attirer mon attention sur la relation que peuvent entretenir les textes et images, et les liens à explorer entre contenus manifestes et contenus latents. Puis j’ai vu le film Vers cette neige vers cette nuit, présenté en Première mondiale au FID Marseille, en 2017. Choc redoublé.

J’avais déjà en tête un projet d’éditions de livres dédié aux films de cinéma, et ce film est très vite devenu la nécessité de construire le projet éditorial des éditions M.—.  J’ai rencontré Fabrice Lauterjung qui a accueilli avec enthousiasme l’idée du projet d’un passage du film au livre. Le projet était amorcé, et la conception du livre nourri de nos échanges de travail, commençait alors.

Aujourd’hui, j’en suis ?

Depuis la présentation du film au FID Marseille en juillet 2017, des séances de travail avec Fabrice Lauterjung, pour élaborer, définir les caractères physiques du livre, sa conception, ses critères de fabrication, sa diffusion et son financement.

  • Définir le format du livre et le type de fabrication (choix de l’imprimerie, sélection des papiers d’impressions intérieurs, de la couverture, de la sur-couverture, des caractéristiques d’impression offset, en quadri, et en noir et blanc, du choix du marquage à chaud en couverture du livre, du façonnage : dos carré avec couture fil).
  • Déterminer les éléments constitutifs de la maquette : sélection des photogrammes du film, mise en page des cartons-textes du film sous forme de livre, travail graphique de la transposition des éléments sonores du film, de la rédaction, etc.
  • Montage d’un plan de financement (coûts, etc.)

Fiche descriptive du livre

252 pages intérieures
400 photogrammes du film
Format 30 x 17 cm à l’italienne
Impression quadri offset
Couverture avec marquage à chaud brillant et opaque (M.—) contrecollée sur un carton de 2 mm.
Sur-couverture sur papier couché d’édition blanc pur (Gardapat), 115 grammes avec rabats de 14 cm.
Papier intérieur : couché d’édition blanc pur (GardaPat) 115 grammes.
Papier couverture : édition teinté dans la masse, noir intense (Sirio ultra black fiandra, Fedrigoni) 125 grammes.
Dos carré cousu avec tranche file.


Vers cette neige, vers cette nuit, le livre est de très belle facture éditoriale. Les éditions M.— font le pari que le beau-livre maintient une place privilégiée auprès des lecteurs et des circuits de diffusion. Plusieurs exigences lors de la conception de ce livre :

  • des papiers d’éditions intérieurs et de couverture, et une impression offset, de grande qualité, capables de reproduire chaque photogramme (400 en format 30 x 17 cm) en fidélité à l’image de la pellicule du film Super-8
  • le choix d’un façonnage en dos carré avec une couture fil, pour que le travail éditorial soit un objet-livre rare.
  • L’audace de la fabrication de la couverture du livre en déposant un marquage à chaud du logo des éditions M.—*
  • Le choix d’une couverture contrecollée d’une épaisseur de 2 mm.
  • Une proximité de territoire de travail toute la durée du suivi de fabrication avec l’imprimeur, situé à Marseille (France).

*Chaque livre des éditions M.- présente une couverture identique et facilement identifiable (papier d’édition noir et marquage à chaud du logo des éditions M.—) 

Vers cette neige, vers cette nuit / Fabrice Lauterjung est à paraître au premier trimestre 2019.
Jusqu’à la parution, les éditions M.—  publieront régulièrement des articles de cette aventure éditoriale
(à lire dans les articles publiés sur le site).